Filiation BRESSY

Notice sur la famille de BRESSY de GUAST

par Maurice de BRESSY de GUAST (1832-1872)

amendé / complété par Hervé de BRESSY (1969-)

 

La famille actuelle provient de la cession par donation entre vifs de l'avoir entier de la famille de GUAST à la famille de BRESSY avec obligation pour les descendants à l'infini de prendre le nom et de porter les armes de la famille de GUAST.

Cette donation fut officialisée par lettres patentes du Pape Pie VI, souverain du Comtat Venaissin, le 11 juillet 1781. Ce document, toujours en possession de la famille, reconnaissait par ailleurs à la famille de BRESSY la noblesse de premier ordre.

La famille de BRESSY, originaire de Pernes les Fontaines au Comtat Venaissin, dont le nom fut aussi orthographié autrefois BRESSIS, BRISSIS ou BRICY, remonte au XIème siècle : Pons de BRESSY, chevalier, chancelier de Raymond, Comte de Toulouse, partit en Syrie avec la première croisade en 1096.

A partir de la fin XVIème siècle, la famille compta un grand nombre de consuls de la ville du Thor, charge municipale dans laquelle elle alternait le plus souvent avec les Guast. Par ailleurs, Clermont (1435 - 1480), chevalier, fut écuyer tranchant à la cour du Roi René d'Anjou, Comte de Provence, en même temps qu'un GUAST.

Au XVIIIème siècle, la famille fournit plusieurs officiers aux armées du Roi de France, dont Jean-François ( 1692 - 1713 ), capitaine de grenadiers au Régiment d'Egrigny, mort pendant la guerre de succession d'Espagne ; Jean-François II ( 1723 - 1746 ) qui fut garde du corps du Roi Louis XV et mourut des blessures reçues à Fontenoy et Gaspard-François ( 1705 - 1782 ) qui fut major et chef de bataillon au Régiment de Conti.

Dans les ordres, Alexis ( 1745 - 1832 ) fut protonotaire apostolique et auditeur au Tribunal de la Rote.


La famille de GUAST ( autrefois du GUAST, du GUA ou du GAST ) est de noblesse immémoriale : un acte du 9 novembre 1297 y qualifie déjà Bertrand de GUAST de "noble chevalier gentilhomme". Elle serait originaire de la région de Vigone en Italie et serait venue se fixer au Thor au XIIème siècle. Elle possédait en tout cas de nombreux fiefs à Vigone dont elle avait le marquisat. D'Italie, une branche se détacha en Espagne et fournit en particulier un commandant en chef des armées de Charles Quint, dit marquis d'AVALOS par les Espagnols.

En France, la famille se divisa au XVème siècle en plusieurs branches, dont l'une resta au Thor et l'autre s'installa en Anjou et en Touraine, à la suite du Roi René. A cette dernière branche appartenait Louis-Béranger ( 1530 - 1575 ) qui fut l'un des personnages principaux de l'Histoire de France à la fin du règne de Charles IX et au début de celui d'Henri III, dont il fut le premier ministre de fait. Son frère cadet Michel, qui éxécuta le Cardinal de Guise sur ordre du Roi, épousa en 1589 Antoinette de Montmorency. Un autre membre de cette branche, Pierre ( 1560-1630 ) fut sous Henri IV vice-amiral et Lieutenant Général de l'Acadie. Il fonda en 1618 avec Champlain la ville de Québec. Cette branche fournit pendant plus d'un siècle les gouverneurs d'Amboise avant de s'éteindre au XVIIIème siècle.

La branche demeurée au Thor fournit en particulier de nombreux baillis, commandeurs et chevaliers de l'ordre de Malte, dont certains furent officiers des galères du Roi de France en Méditerranée.

C'est cette dernière branche qui se fondit en 1781 dans la famille de BRESSY.


Après 1781, la Famille de BRESSY de GUAST resta fixée au Thor. Le premier à porter le double nom, François ( 1721 - 1790 ), Premier Consul du Thor, fut élu Colonel de la Garde Nationale. Il fut massacré sur les marches de sa mairie le 11 juillet 1790 par des révolutionnaires venus de l'extérieur semer la terreur dans la ville.

Au XIXème siècle la famille compta de nombreux magistrats, dont plusieurs furent élus maires et conseillers généraux et l'un fut sous-préfet. La propriété familiale du Thor, la Bressy, fut vendue à la fin du siècle.

Depuis la Grande Guerre jusqu'à nos jours, la famille a compté et compte encore plusieurs officiers d'Infanterie et de Cavalerie. L'un d'eux, Vincent (1898 - 1918 ) mourut au champ d'honneur à vingt ans comme aspirant au 76ème Régiment d'Infanterie.


L'ensemble des deux familles a contracté de nombreuses et illustres alliances, dont avec les familles de MONTMORENCY, déjà citée, de SADE, de COHORNE,  de PONTEVES, d'AMBOISE, de RAYMOND etc.

Plusieurs officiers furent faits chevalier de Saint Louis sous l'ancien régime et la famille vivante compte trois membres de la Légion d'Honneur.

La famille a possédé entre autres les fiefs de :

- MONTGOGER, en Touraine, érigé en Marquisat en 1623 en faveur de Roger de GUAST. Le château de Montgoger fut détruit par un incendie en 1883.

- MONTMIRAIL, en la Principauté d'Orange.

- SAINT SAVORNIN, VENASQUE et SAINT DIDIER en Comtat Venaissin.

Elle a hérité le 3 mars 1789 de tous les droits et du nom de la famille de CHALDEYRAC de VALOUBIERE, seigneurs de Sedat, de Mansc et co-seigneurs de Laurac en Vivarais.


Les armes de la famille portent :

L'écu parti :

Au premier d'or chargé au chef d'une aigle de sable couronnée à l'antique et à la champagne d'un dragon du même, le tout chargé d'une fasce d'azur accompagnée de trois molettes d'éperon d'or, qui est de BRESSY.

Au second d'azur à cinq besants d'or posés deux-deux et un, qui est de GUAST.

Le tout timbré d'une couronne de marquis.

Supports : deux levrettes au naturel colletées d'or.

Devise : FRANGIMUR NEC FLECTIMUR UNDIS.

 

 

Ces armes figurent toujours au-dessus de l'autel latéral de l'église Notre Dame du Lac du Thor, fondée en 1202. Cet autel fut construit en 1673 par les frères Michel et François de GUAST qui y firent encastrer leurs armes avec la permission de l'évèque de Cavaillon. La famille de BRESSY, héritière des droits de la famille de GUAST, les fit réparer au XVIIIème siècle en y accolant ses propres armes.


Références :

Histoire de la noblesse du Comtat Venaissin. Pithon Court, 1745.

Essai général sur la noblesse du Comtat Venaissin. Mistralet, 1785.

Histoire de Provence. Michel de Nostre-Dame, dit Nostradamus.

Histoire du Thor dans le Comtat Venaissin. Rousset à Carpentras, 1908.

Les dames galantes. Brantome.

La Reine Margot. Erlanger.

Henri III. Erlanger.

 Génération 19

Pierre BRESSY (BRICY) (~1385-1437/)

 Sosa 262 144
Pierre BRESSY nait vers 1385 à Pernes les Fontaines (84). Il est le premier ancêtre de ce nom dont la filiation nous est donnée, mais les dates ne semblent pas correspondre. C'est pourquoi il parait préférable de considérer ce Pierre comme le frère de Jacques BRESSY, qui suit.

8 enfants lui sont rattachés :

- Jacques, qui suit (plus probablement un frère de Pierre plutôt que son fils)

- Jean x Catherine des CROTES

- Jordan x Catherine ARNAUD de ROUSSET

- Charles

- Ferry

- Paul

- Clermont

- Jehan 

 Génération 18

Jacques I BRESSY (BRICII) (/1405-1455)

x

Jehannette de GANTELMI (~1400-~1450)

 Sosa 131 072

Jacques BRESSY était notaire à Pernes les Fontaines.

Il nous est connu par son testament du 30 mai 1455, ou en tout cas par la transcription de ce dernier qui figure dans les preuves de noblesse fournies en vue de l'obtention de lettres patentes en 1780. Le testament ne mentionne que deux enfants, Antoine désigné comme héritier et Catherine. Un autre enfant, Jacques BRESSY, né en 1424 (d'après Maurice de Bressy), aurait été évêque de Carpentras, mais n'est en rien cité dans le testament de son père.

Jacques BRESSY s'est marié (au moins) deux fois : avec Guillaumette THOMASSI, puis en 1419 avec Jehannette de GANTELME, que le dossier des lettres patentes rattachent à Jean de GANTELME x Eléonore de COURTHEZON. Ce Jean de GANTELME semble être un fils de Jean de GANTELME x Philippa de REAL, Grand Sénéchal de Provence en 1355-1356.

Le testament rappelle un premier mariage de Jehannette de Gantelme avec Georges de Malsang, dont un fils Antoine de Malsang cité au testament de son beau-père.

 3 enfants lui sont rattachés :

- Antoine I, qui suit

- Jacques, né en 1424 (?), Evêque de Carpentras (?)

- Catherine, née vers 1425, x Barthélémy RAPHY ou RUPHY, de Carpentras.

 Génération 17

Antoine I BRESSY (BRICY) (~1445-1480/)

x

Laure ? (~1450-1480/)

 Sosa 65 536

Le testament de son père précise que s'il ne fondait pas de famille, sa soeur Catherine se substituerait à lui comme héritière. La déduction est qu'Antoine n'était pas marié et n'avait pas encore d'enfants en 1455.

Son épouse ne nous est connue que par son prénom, Laure.

 3 enfants lui sont rattachés :

- Antoine II, qui suit

- Jean x 1501 Seyranne ARMANDI

- Dauphine x Antoine GELEATI

 Génération 16

Antoine II BRICI (~1480-1525/)

x

Huguette ARMANDI (~1500-1525/)

 Sosa 32 768
Marié une première fois avec Jeanne NN, il épouse Huguette ARMANDI, dont on ne sait rien et qui lui donnera 7 enfants.

7 enfants lui sont rattachés :

- Catherine

- Claudine

- Isabeau

- Florence

- Jacques II, qui suit

- Sauveur

- autre Jacques

 Génération 15

Jacques II BRESSY (BRISSI) (1525-1554/)

x 1548

Catherine de BACULARD (1509/1531-1554/)

 Sosa 16 384
Jacques II épouse en 1548 Catherine BACULARD, vieille famille de Pernes que l'on retrouve également dans la généalogie de la famille de DIANOUS. Il serait intéressant de retrouver la filiation de Catherine BACULARD pour établir le lien de parenté.

- Georges 1548 x Alix CAMARETTE

- Marguerite 1549 x Jehan ALPHANT

- Antoine III, qui suit

- Sauveur 1554 x Louise de BAJULE

 Génération 14

Antoine III BRESSY (1553-1587/)

x 1574

Jehannette de BACULARD (1542/1558-1586)

 Sosa 8 192
Né et mort à Pernes les Fontaines, Antoine BRESSY épouse en premières noces Jeanne de BACULARD, fille de Pierre et Antoinette GUERINGUIER. La parenté évidente avec Catherine BACULARD, la mère d'Antoine, ainsi qu'avec la branche BACULARD figurant dans la généalogie DIANOUS reste néanmoins à établir. Après la mort de Jeanne BACULARD en 1586, Antoine se remarie sans doute en 1587 avec Orinette BERNIER, dont il aura une fille Isabeau x Alex de BERNARDI.

- Jacques 1582

- Pierre 1583 Officier, Capitaine

- Barthélémy 1585

- Sauveur-Laurent, qui suit

- Isabeau 1587 x Alex de BERNARDI 

 Génération 13

Sauveur-Laurent BRESSY (1586-1640)

x 1605

Florence COURBETY (1574/1587-1634/)

 Sosa 4 096

Sauveur BRESSY, né à Pernes, s'installe au Thor où il exerce la charge de Notaire. Il apparait comme consul du Thor en 1633 et de nouveau en 1641, soit après sa mort ce qui signifie qu'il a du décéder dans l'exercice de la fonction.

Il épouse le 22 novembre 1603 au Thor Florence COURBETY (ou COURBET / COURBEL), veuve d'un premier mariage avec Pierre MOLLARD, dont un fils Esprit MOLLARD vivait en 1633 lors d'une donation faite à Etienne François BRESSY, son demi-frère "utérin".

- Etienne François, qui suit

- Jeanne 1619 x Gonet BENET 

 Génération 12

Etienne François BRESSY (1616-1692)

x 1633

Jeanne GIRY (1609/1617-1694)

 Sosa 2 048

Né à Pernes les Fontaines d'après un baptistère des enfants de Sauveur Laurent BRESSY et Florence COURBETY, Etienne-françois BRESSY exercera la charge de notaire héritée de son père et sera à plusieurs reprises Consul du Thor (en 1660, 1667, 1669).

Il épouse le 9 avril 1633 au Thor Jeanne GIRY,  fille d'Elzéar GIRY et Reyne GUICHARD, comme l'indique leur contrat de mariage passé devant Maître Gontard, notaire.

Etienne rédige son testament le 12 décembre 1674 (il décèdera 18 ans plus tard) devant Me François FLASSANY.

Le Livre de Raison de la famille de BRESSY, tel qu'il fut tenu par ses descendants, indique qu'Etienne a laissé derrière lui d'importantes dettes. D'après eux, il était homme qui s'obligeait facilement. Il fallut aux générations suivantes de longues années pour racheter ces dettes et assainir la situation familiale.

- Louise Marie 1634-1692/ x-1 Jean GIRY x-2 Antoine GONTARD

- Marie Jeanne 1636-1675/ x François GALLET

- Anne 1638-1675/ x Mathieu MALATRA

- Jeanne 1640-1657/1674 x 1657 Melchior GIRY

- Jean, qui suit

- Anne 1645/1695/ x 1674 Louis AMIEL Ouvrier à soie

- Joseph Louis 1647-1675/ Grand Augustin au Couvent Sainte Ursule

- Etienne 1652-1692 Religieux dans l'ordre des grands Augustins

- Anne 1654-1699 Religieuse au Couvent des Ursulines de Pernes

 Génération 11

Jean BRESSY (1642-1726)

x 1668

Isabelle MAZOT (1647/1652-1728)

 Sosa 1 024

Jean BRESSY, également notaire au Thor, y exerce la charge de consul en 1684, dans la lignée de son père et de son grand-père.

Le Livre de Raison nous indique qu'il consacra une grande énergie à rembourser les dettes contraxtées par son père, ainsi qu'à acquérir des terres, granges et jardins dans les domaine du Thor et de Velleron. Cette politique d'acquisition sera poursuivie par les deux générations suivantes.

Jean épouse le 19 avril 1668 au Thor Isabelle MAZOT, fille de Michel, Maître Apothicaire au Thor, et de Jeanne DAUPHIN originaire de Maubec. La famille de MAZOT a une longue histoire au Thor et l'ascendance d'Isabelle MAZOT peut être retrouvée dans les familles de FELLON, de VERDELIN, de MERLES, de SEYTRES etc...

Il rédige son testament le 19 janvier 1715 (il décèdera 11 ans plus tard).

- Elisabeth Jeanne 1670-1744 x Jean Pierre CONSTANT Marchand apothicaire

- Anne 1672-1715/ x Charles Joseph RICARD Bourgeois

- Thomas 1673-1706/ x 1702 Anne COQUIBUS

- Marguerite 1673-1673

- Catherine 1674-1739 x-1 Antoine BRUNEAU  x-2 François DUREAU

- Rosine 1676-1731/ x Joseph Denis PASCALIS

- Joseph Etienne 1678-1678

- Marie Isabeau 1680-1715/ x Joseph françois RICARD

- Madeleine 1682-1682

- Augustin 1684-1705 Volontaire dans le Régiment d'Egrigny s.p.

- Joseph Alexis, qui suit

- Thérèse 1689-1770 x André Joseph BERNARD Notaire

- Jean François 1692-1713 Capitaine de Grenadiers dans le Régiment d'Egrigny

 Génération 10

Joseph-Alexis de BRESSY (1685-1738)

x 1709

Marie-Anne de THIBAUD (1684/1693-1742/)

 Sosa 512
 

- Marie Anne 1713-1759  x 1739 Joseph Joachim de LAPEYRE de BONNIEUX

- Elisabeth Thérèse 1715-1766/ x Joseph Bernard COLLET

- Anne Thérèse 1719 (ou 1729 ?) -1755 x Esprit Nazaire QUEIREL

- Anne Thérèse 1719-1719

- Joseph Marie François, qui suit

- Jean François 1723-1746

- François Alexis 1726-1797 x Marguerite BOET

- Anne 1729

- Manon 1729-1729

 Génération 9

Joseph Marie François de BRESSY (1721-1790)

x 1742

Marie-Madeleine de ROUGNON (1700/1725-1747)

 Sosa 256
 

- Esprit Louis Joseph, qui suit

- Jean François 1743-1744

- Pierre Alexis Hyppolite1745-1832 

 Génération 8

Esprit-Louis de BRESSY (1742-1814)

x An IV

Suzanne JOUVE (1774-1829)

 Sosa 128
 

x-2 - Marie Magdeleine An III-An III

x-3 - Eustache Léon Joseph, qui suit

- Pauline Marie Caroline Benoîte An IX-1879 x 1821 Jean Joseph Marie François DONNIER 

 Génération 7

Eustache de BRESSY de GUAST (1796-1871)

x 1826

Elizabeth de BRUNY (An XII - 1856)

 Sosa 64
 

- Edouard Joseph, qui suit

- Justine Marie Clotilde 1827-1887 x 1847 Auguste Joseph GAY

- Alexis Maurice 1832-1872 x 1869 Coralie de NOGARET 

- Martial 1835-1836

- Marie Thérèse Léoncie 1838-1879/ x 1867 Auguste VERAN

- Marie Isabelle Félicie 1841-1884/ x 1867 Hippolyte Antonin ROUSSET

- Victorine 1842-1843

 Génération 6

Edouard de BRESSY de GUAST (1826-1902)

x 1860

Cléonice BLANC (1836-1906)

 Sosa 32

Edouard nait le 17 avril 1823 à l'Isle sur la Sorgue, alors que son père en est le maire. Il embrassera la carrière judiciaire et occupera les fonctions de Procureur Impérial puis de Président de la cour d'Appel de Nîmes.

Il épouse en 1860 (au Vigan ou à Nîmes, il faut rechercher l'acte de mariage), mademoiselle Cléonice BLANC, fille d'Antoine BLANC et Joséphine FRANCK, celui-ci colonel d'Artillerie en retraite et surtout Conseiller Général et Président du Conseil Général de l'Hérault. Ce dernier s'était illustré par une légion d'honneur reçue des mains de l'Empereur Napoléon Ier sur le champ de bataille de Bautzen en 1813. Antoine BLANC reçut également en 1850 une cravate de Commandeur de la Légion d'honneur, qui lui fut remise par Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République, un an avant son coup d'état...

Il faut admirer le bon sens politique qui amenait un Président de Conseil Général monarchiste et légitimiste, fervent catholique, à marier son fils à la fille du Président du Conseil Général voisin, fervent bonapartiste... Les liens furent en tout cas étroits entre Edouard et son beau-père, car Antoine BLANC passera ses dernières années au Thor, dans la maison familiale des BRESSY, où il mourra en juin 1874.

Il est indiscutable qu'Edouard profitera de sa position dans l'appareil judiciaire pour obtenir la correction rétroactive du patronyme familial, faisant reconnaître les droits sur le nom de GUAST. Par jugement de la Cour d'Appel de Nîmes en 1864 - où il siègera - les actes d'Etat-Civil de ses parents, frères et soeurs, enfants, sont corrigés pour faire apparaitre le patronyme de BRESSY de GUAST.

Très dévôt ainsi que sa femme, Edouard réside à Nîmes dans la maison du chevalier d'Assas et, bien que Président du Tribunal, participe activement à la vie des congrégations. Membre du Comité Catholique, il est président de l'Adoration Nocturne (!), tandis que son épouse est présidente des Mères Chrétiennes. Deux de ses enfants entreront d'ailleurs en religion.

Freiné dans sa carrière par ses positions cléricales, il tentera une fois à la retraite, à l'image de son père, d'entrer dans l'arêne politique en se présentant à la députation mais sera battu, malgré de lourdes dettes souscrites pour financer sa campagne électorale.

D'autres mauvaises affaires viendront aussi aggraver la situation financière et patrimoniale de la famille, avec le phylloxera qui détruira les vignes (Le Thor est la capitale du raisin de Chasselas) et l'industrie des colorants chimiques qui mettra un terme à la culture de la garance, activité essentielle du Thor.

Une accumulation de mauvaises affaires et de mauvaises dettes poussera à la liquidation rapide, dans les années 1885-1890, du patrimoine familial, et notamment la Bressy, maison familiale située à la frontière du Thor et de Velleron. C'est à la même époque que meurent à la fleur de l'âge ses fils Louis, en 1886 à 18 ans, Joseph en 1887 à 21 ans et enfin Vincent en 1893 à 23 ans. Ces décès ont ils participé à la déroute financière ? C'est en tout cas un chapitre que les générations suivantes n'ont pas voulu rouvrir, et le détail de ces malheurs humains et matériels reste à découvrir.

Edouard meurt le 1er décembre 1902 à Nîmes. Il est le dernier BRESSY enterré dans le caveau familial de Velleron. Son épouse Cléonice BLANC le suivra le 12 mars 1906 à Bouillargues. Le testament de cette dernière est pathétique, tant le dénuement matériel de ses dernières années semble avoir été grand.

- Joseph Marie Edouard charles Antoine Louis Augustin 1860-1860

- Marie Joséphine Thérèse 1861-1944 x Louis HUC s.p.

- Michel Marie Joseph Edouard Vincent Louis alexis, qui suit

- Joseph 1866-1887

- Louis 1868-1886

- Vincent 1870-1893

- Marguerite Marie 1875-1950 religieuse

- Jean François 1879-1943 prêtre, curé de Générac (30)

 Génération 5

Michel de BRESSY de GUAST (1864-1943)

x 1897

Marthe LOCARD (1871-1950)

 Sosa 16

3ème d'une famille de huit enfants, Michel naît le 9 mars 1864 au Vigan (30), où la famille réside du fait des fonctions de Procureur exercées par son père au Tribunal de Nïmes. Il est le seul de cette fratrie à avoir eu une descendance : un frère (Augustin) est mort en bas âge dans sa première année. trois frères - Joseph, Louis et Vincent - sont morts à l'entrée dans l'âge adulte à 18, 21 et 23 ans, une soeur, Marguerite-Marie, s'est faite religieuse et son dernier frère, Jean François, sera prêtre et mourra curé de Générac en 1943. Seule sa soeur Thérèse épousera Louis HUC (+ 1917) dont elle n'aura pas d'enfants.

Etudiant préparant Centrale, les mauvaises affaires paternelles ne permettront pas de financer la suite de ses études. Il trouvera alors un poste au PLM (Société ferroviaire du Paris-Lyon-Marseille), où il terminera Chef de Gare à Antibes.

Son impécuniarité sera si marquée que ses descendants diront de lui que le haut de ses chaussures se soulevait, détaché de la semelle, au passage des rapides...

Il épouse le 19 janvier 1897 à Marseille Marthe LOCARD, fille de Joseph Alfred LOCARD et Dominique PROU-GAILLARD, d'où une très volumineuse ascendance marseillaise, bien que l'origine de la famille LOCARD se trouve dans le Calvados, et celle de la famille PROU-GAILLARD dans les Pyrénées-Atlantiques.

Profondément croyant (n'oublions pas qu'il a une soeur religieuse et un frère curé), il sera très marqué par la mort de son fils aîné Vincent sur le front de Champagne le 19 mai 1918. Il rédigera à sa mémoire un petit opuscule racontant la vie de ce dernier.

Il meurt à antibes le 5 novembre 1943, à 79 ans. Son épouse Marthe LOCARD décèdera à Cassis en 1950, près de leur fils survivant Jean.

- Vincent Louis 1897-1918 Aspirant au 76ème RI, Mort pour la France

- Jean, qui suit

 Génération 4

Jean de BRESSY de GUAST (1900-1987)

x 1924

Denise FANTON d'ANDON (1903-1991)

 Sosa 8

Né le 30 décembre 1900, Jean de BRESSY de GUAST sera déclaré à l'Etat-Civil en date du 1er janvier 1901. C'est cette date de déclaration et non de naissance qui sera retenue pour célébrer son anniversaire, afin de le faire naître avec le siècle. Ce n'est qu'en reprenant les documents d'Etat-Civil que cet écart de 2 jours apparaitra au grand jour, à notre étonnement...

La mort en 1918 au front de son frère aîné Vincent marquera la vie de Jean, qui mentira sur son âge pour s'engager à 17 ans en 1918 dans la Grande Guerre. Dans son testament, Vincent, Aspirant au 76ème RI, envisageant sa possible mort au combat, conclura par cette phrase terrible : "Mon frère, venge-moi !".

Par la suite Officier au 24ème Bataillon de Chasseurs Alpins, il participera à la guerre du Rif au Maroc en 1924-1925 , au côté de son beau-frère Gustave FANTON d'ANDON qui y trouvera la mort le 20 octobre 1925.

Il épouse Denise FANTON d'ANDON le 11 mars 1924 à Cassis, fille d'Henri FANTON d'ANDON et d'Eugénie ICARD. Ecrivain sous le nom de plume de Denyse MAI, elle publiera de nombreux romans "à l'eau de rose" - très sages - et accompagnera Jean dans les pérégrinations de la vie militaire.

Jean séjournera avec son Régiment à Belfort, puis dans les Alpes Maritimes (il résidera alors à Villefranche) où il participe à la construction de la partie Alpine de la Ligne Maginot, face à l'Italie. Cette ligne méconnue de fortifications de montagne prouvera - malheureusement inutilement - son efficacité lors de l'offensive des troupes de Mussolini en juin 1940, qui ne parviendront à la franchir en aucun point.

En Lorraine pendant la drôle de guerre, l'offensive allemande du 10 mai 1940 le surprend en permission à Nice. On sait peu de choses de son cheminement pour rejoindre son unité, puis de sa triste retraite pour éviter l'encerclement par la Wehrmacht. Son unité sera démobilisée au château de Pompadour en juillet 1940, conformément aux accords d'armistice.

Officier dans l'armée d'armistice, basé à Belley dans l'Ain, il y subira les ambiguités de la situation, sous les ordres du gouvernement de Vichy qui d'une main cherchait l'apaisement avec l'Occupant, et de l'autre prétendait oeuvrer au redressement national. Il participera aux tentatives de faire échapper les matériels militaires à la commission d'armistice germano-italienne. On sait le rôle que ces caches d'armes jouèrent par la suite. On sait aussi que beaucoup d'armes furent si bien cachées qu'on en retrouve encore aujourd'hui...

Après l'occupation de la zone libre et le démantèlement de l'armée d'armistice, il joue un rôle social de placement auprès des anciens officiers et sous-officiers privés d'emploi.

Il rejoindra en aout 1944, à l'appel d'anciens camarades, l'armée du Général de Lattre de Tassigny alors aux portes de Marseille. Il y assurera un poste d'officier de liaison logistique auprès des troupes américaines et sera à cet effet décoré de la Bronze Star.

Rayé des cadres de l'Armée par décision du Général de Gaulle, de même que tous les officiers de l'Armée d'Armistice qui n'avaient pas rejoint la France Libre après l'occupation de la zone libre en novembre 1942 (voir le remarquable ouvrage sur l'Armée d'Armistice de Robert Paxton), il occupera un poste d'administrateur civil - en uniforme (!) - dans la zone française de Berlin occupé par les alliés. Il y vivra avec sa famille le blocus imposé par les soviétiques et le pont aérien entretenu par les alliés pour ravitailler la ville.

Définitivement en retraite au Grade de Lieutenant-colonel en 1948 (à 47 ans !), il se retirera dans la propriété du Bestouan à Cassis. Il décède à Marseille le 17 mai 1987, à 86 ans. Denise le suivra le 1er décembre 1991.

- Mireille x Jacques GIRARD

- Bernard x Jeanne Marie COT-BRAME

- Jean-Claude x Francine TABOURIN

- Alain x Marie Claire NANTA 

 Génération 3

Alain de BRESSY de GUAST (1937-2005)

x 1963

Marie-Claire NANTA (1938)

 Sosa 4
 

- Xavier x Nathalie CHABLE

- Yves x Brigitte MARTIN

- Hervé, qui suit

 Génération 2

Hervé de BRESSY de GUAST (1969)

x 1996

Isabelle-Marie FOLTZER (1967)

 Sosa 2

Sophie de BRESSY de GUAST (1997)

Emmanuelle de BRESSY de GUAST (2002)

Raphaëlle de BRESSY de GUAST (2005)

Pierre BRESSY nait vers 1385 à Pernes les Fontaines (84). Il est le premier ancêtre de ce nom dont la filiation nous est prouvée.

 

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